Impressions de vacances

🛫TRAVEL

Et me voici de retour, après cette large plage de détente estivale, bien méritée après le travail acharné de ces derniers mois pour créer le site et mettre au point les collections.Je pensais communiquer plus souvent en août sur Instagram, en publiant des stories régulièrement, mais en Inde la connection était mauvaise (la mousson a été terrible cette année, particulièrement dans le Kerala, et cela a chamboulé pas mal de choses).Beaucoup d'eau mais pas de dégâts majeurs à Goa où nous avons passé une semaine dans un Airbnb très romantique, une belle maison de style colonial portugais dans la quartier de Candolim pour ceux qui connaissent, à 10mn du Fort Aguada.

Quelques ballades les pieds dans l'eau, (vive les tongs) mais nous avons eu une journée de soleil et nous en avons profité pour visiter le vieux Goa.
Et comme nous n'étions pas venus pour aller à la plage, nous avions prévu suffisamment de bouquins à lire pendant ce séjour !
Heureusement que la maison où nous séjournions était très agréable, parce que Goa n'est pas un endroit passionnant à mon avis, surtout en cette saison. Quoique je frémisse en imaginant la foule qui afflue en saison...
La ville est très étendue, avec de multiples routes qui suivent toutes les rivières qui séparent les quartiers et rendent la circulation difficile. Un chantier géant d'une route suspendue défigure le paysage de l'aéroport jusqu'au bout de l'agglomération.
Je préfère infiniment Fort Kochi, que l'on peut visiter à pied, des vieilles rues aux carrelets chinois au bord du fleuve.

Puis direction Kanhangad, plus au sud dans le Kerala, au Neeleswhar Hermitage où nous avions réservé notre semaine de retraite aryuvédique. En avion depuis Goa (nous avions prévu de prendre le train, ce qui est toujours une expérience en Inde, mais tous les trains annulés, pas de communications ferroviaires à cause de la mousson). Goa/Mangalore en avion, puis Mangalore/Kanhangad en voiture, envoyée par l'hôtel.95 km, presque 4 heures de trajet !Je suis toujours très angoissée en voiture, et les routes indiennes sont vraiment une épreuve pour moi.La conduite indienne est assez mystérieuse, les routes défoncées, les camions et les autobus un peu fous, et l'usage du klaxon permanent, en pleine campagne comme à Bombay. Epuisant pour les nerfs. Heureusement le retour s'est fait le jour de la fête de l'Aïd Al Adha, et quand nous avons quitté l'hôtel le pays entier était à l'arrêt, les hommes assemblés autour et dans les mosquées, tous avec des habits neufs. Presque pas de commerces ni de restaurants ouverts, c'est apparemment la communauté musulmane qui tient le commerce dans cette région du Kerala.

On peut voir une mosquée tous les 5 ou 10 km, c'est dire la présence importante des musulmans. Eux seuls sont autorisés à avoir plusieurs femmes pour multiplier les enfants. La loi du Kerala vient récemment de leur interdire de divorcer par simple répudiation.Nous avons d'ailleurs entendu les appels à la prière et les chants toutes les nuits pendant notre séjour, sur fond de tempête. J'avoue que j'aime ce mélange de sons qui finissent par me bercer.Les femmes indiennes, de confession Hindoue ou musulmane, sont apparemment en très bons termes entre elles, et je n'ai pas observé d'antagonisme entre les communautés.Ce n'est pas de mon hôtel de luxe évidemment que j'ai pu faire ces observations, mais j'ai pu l'observer directement car j'ai passé 2 heures chez une coiffeuse et esthéticienne de quartier, dont le salon se trouvait dans un petit espace au deuxième niveau d'un centre commercial décati du centre de Kananghad.Les pièces étaient séparées par des paravents, avec un seul point d'eau (froide), une machine à coudre pour faire des brassières pour les saris et des hijabs dans l'entrée, un fatras de tissus, produits de beauté, objets divers, un autel de guingois sur un frigo avec des bâtonnets d'encens et des images de divinités hindoues. Et des posters de stars indiennes, avec des maquillages et des bijoux insensés.Les clientes étaient indifféremment hindoues ou musulmanes, mais elle retiraient leur voile en entrant, et plus rien ne les différenciaient. Je n'ai évidemment rien compris aux à leurs échanges en malayalam, mais cela semblait joyeux et détendu. Elles sont toutes venues sourire et échanger quelques gestes avec moi.


Une jeune fille très délurée, et qui parlait un peu anglais, m'a invité à venir lui faire une visite dans sa maison le lendemain. J'ai accepté avec gratitude et curiosité, et elle est venue nous chercher en voiture avec sa tante, qui était d'ailleurs la patronne du salon. Nous étions à l'arrière, et elle était assise devant, avec deux petits enfants sur les genoux, sans ceinture bien sûr! Mes réflexes de protection des enfants étaient au warning ! Arrivée triomphale devant une haie d'honneur, dans une petite maison près de la mer. Salutations d'accueil, visite du salon, de la cuisine et du petit cagibi consacré aux divinités. Déclinaison des activités et des espoirs de la maisonnée. Une des soeurs étudie pour devenir médecin, la jeune fille qui nous a invité le souhaite aussi quand elle aura fini le lycée. Elle vit chez sa tante, et ses parents travaillent à Dubai. Elles nous ont assis devant quelques plats et beignets et elles sont restées debout derrière nous. Les invités sont des dieux, nous ont-elles dit, et on ne s'assoit pas à table avec les dieux apparemment ... Nous avons donc mangé (avec une main) en nous tordant le cou pour leur parler. La voisine, musulmane, était elle aussi invitée avec ses enfants à venir saluer et regarder manger les étranges étrangers. Là encore une communauté où l'on ne sent pas de tensions. Comme quoi les problèmes entre religions ne viennent pas du peuple, en tout cas pas des femmes. A méditer. Nous n'avons vu qu'un seul homme, le père, qui est pêcheur. Il est venu nous saluer et vite reparti, assez timidement.

Pendant une semaine, nous avons assisté à un déchaînement de la nature, un déluge intense, dense et quotidien, très impressionnant, doublé par le rugissement des énormes vagues de la mer d'Arabie, que nous pouvions voir de notre lit.Nous étions encore les seuls clients dans cet hôtel paradisiaque, comme il y a deux ans aux mêmes dates.C'est l'ouverture de la saison pour l'hôtel, et les clients attendent l'automne et la fin de la mousson pour y séjourner. Cette solitude nous convient parfaitement, et nous avons fait quelques (rares) belles ballades sur la plage déserte, qui s'étend à l'infini, habitée seulement par une multitude de crabes et d'oiseaux.Dans les allées de l'hôtel totalement ouvert sur la nature, des écureuils, des colibris, des crapauds, et parfois une mangouste. Les animaux sont très nombreux en liberté en Inde, Goa est envahie par des bandes de chiens, un peu flippants quand il y en a 10 qui vous suivent sur la plage déserte ... Et les vaches partout dans les rues, les chèvres, les buffles, les poules, tout ça en vrac sur les trottoirs défoncés, dans les flaques et sur la chaussée.

Nous avons passĂ© notre temps paresseusement, entre le yoga, les massages aryuvĂ©diques, les repas vegans très light mais très savoureux, et nous avons mangĂ© beaucoup de fruits, surtout des papayes. StĂ©phane, qui n'aime pas beaucoup ce fruit a lancĂ© le slogan NO PAPAYA MORE BANANA, ce qui a beaucoup amusĂ© les (3!) charmants garçons qui nous servaient les repas. Le message est passĂ©!

Un passage par Mumbai, au retour. Et là hélas ce contraste détonnant entre l'extrême luxe et la terrible pauvreté, que l'on commence à appréhender dès l'atterrissage, car l'avion survole des kilomètres de slums avant de se poser au Chandrylam Airport, presque au centre de Mumbai.J'avais réservé à l'hôtel Trident, à proximité de l'aéroport, car les trajets peuvent être très longs dans cette ville énorme.Hôtel super luxe (pour 100 € la nuit !), avec piscine débordante sur le toit, centre de soins massage, sauna etc ...Et petit déjeuner (inclus !) buffet somptueux. Continental, indien, chinois, jusqu'à 5 sortes de miel ...Pour continuer dans le luxe, nous sommes allés au Taj Mahal Palace pour le Tea Time (on n'a pas dîné ensuite !).Faste et luxe colonial, héritage, chic et pas toc, cupcakes, macarons, finger sandwiches, Earl Grey ... C'est un plaisir qu'il faut s'offrir si l'on passe à Mumbai, c'est 30 € par personne, un prix raisonnable pour ce luxe délicat.

Et puis plongée à pied dans le quartier de Colaba, ses étalages de bijoux, sacs, épices, jouets ... Chaleur moite et mendiants désarticulés, crasse et maisons coloniales somptueuses, tantôt joliment restaurées ou à l'abandon, colonisées par la végétation.Mumbai n'est pas une ville qui m'attire spécialement. Il y a peu de choses à y faire ou à voir, hormis le musée d'art ,le Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya*, la promenade de Marine Drive, ou le collier de la reine comme on appelle ici cette avenue bordée par la très populaire plage de Chowpatty et qui va jusqu'à Malabar Hill.Mais un joli collier scintillant posé au bord d'une ville en décomposition...


Retour à l'hôtel : deux heures et demi de rues défoncées, de traversée d'une cour des miracles dans un petit taxi brinquebalant, au plafond décoré façon théâtre, conduit par un vieil hindou perdu dans le nouveau quartier de notre hôtel, découvrant avec perplexité des rues inconnues, une nouvelle ville absente de sa géographie personnelle. Mumbai la nuit est indescriptible pour nos yeux d'européens habitués à un certain ordre. Les gens campent partout, superposent les habitations dont certaines ressemblent à des cages, couvertes de bâches pour se protéger de la mousson.

Départ pour Paris le lendemain matin, par l'aéroport Chhatrapati Shivaji* (du même nom que le musée et la gare !), une merveille architecturale signée Skidmore, Owings & Merrill. L'aéroport est à la fois une vaste galerie commerciale et un musée ouvert sur l'art et l'artisanat indien.Nous y avons passé quelques heures en attente, et nous ne nous sommes pas ennuyés, c'est un des plus beaux aéroport que j'ai pu parcourir.La partie des vols domestiques en particulier, qui présente un peu tout le patrimoine artistique indien.




Seconde partie des vacances en Italie, dans le Piémont, mais qui fera l'objet d'un autre post, car j'ai des merveilles à vous faire découvrir !


Pour info complémentaire et pour ceux qui s'intéressent à l'architecture, voici un article sur l'aéroport Chhatrapati Shivaji :

https://www.prnewswire.com/fr/communiques-de-presse/nouvel-aeroport-de-mumbai-concu-par-skidmore-owings--merrill-inaugure-aujourdhui-239752211.html

*Chhatrapati Shivaji est le fondateur du royaume Maratha.


*Je recommande Ă©galement la visite de La gare ferroviaire Chhatrapati Shivaji* Terminus, ou Victoria Terminus, crĂ©Ă©e en 1882 par l’architecte britannique Frederick William Stevens, un exemple de fusion du style nĂ©ogothique victorien avec des Ă©lĂ©ments indiens. Elle a Ă©tĂ© classĂ©e troisième des plus belles gares du monde, avant la Gare d'Anvers-Central et après les Gares de Saint-Pancras de Londres et du Grand Central Terminal de New York.


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  • YTrlyKcBXRSFwDGp le

    lMAvjxLQDWVI

  • ZjOdvlgMsNButE le

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  • corinne prose le

    Merci Ariane ! Prochain épisode la visite des Sacro Monte en Italie dans le Piémont, encore de belles découvertes !

  • Ariane Walter le

    Vraiment passionnant. On te suit pas à pas dans les mystères de tes promenades. Un autre monde. Plus que jamais. Hétéroclite, ce qui fait son charme. On aimerait t’accompagner, malgré la pluie! Un peu “Wuthering heights”. Nous sommes riquiqui , nous, avec notre vague canicule de quelques jours! Ah! Le plaisir de l’exotisme, de l’étrange et de l’étranger…Cela n’existera donc plus quand la pieuvre mondialiste aura tout recouvert de banalités identiques???? Merci pour ce voyage en ta compagnie. J’attends la suite!!


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